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Louis Claude Desvignes – Beaujolais – France

Historique

Le domaine LOUIS CLAUDE DESVIGNES est à l’image de ses pierres ; Robustes, usées et ragaillardies par le temps, tout y restent figées et évoluent sans cesse. C’est derrière ce portail de 1722 et cette voûte typique des anciennes maisons vigneronnes, que vieillissent et s’embellissent des vins à la fois surprenants et puissants « les MORGONS ».

Huit générations se succèdent et se transmettent ce savoir-faire qui s’inspire dans la tradition, et s’enrichit dans la remise en question perpétuelle.

Claude-Emmanuelle et son frère Louis-Benoît produisent des Morgons de haut vol, doucement, tranquillement, convaincus que ce terroir a un grand potentiel pour la structure des vins mais également pour la garde. Nous sommes loin des Morgons faciles, sur le fruit, nous sommes sur des Morgons de terroir, qui en disent long…des Morgons de grande classe !

Inconditionnels de l’appellation Morgon, nous usons de nos compétences et de notre passion sur 13 hectares de vignes qui se dessinent sur 2 des 6 climats qui divisent le cru : Douby, et le prestigieux climat Côte du Py où nous possédons 5 Hectares.

C’est sur ces riches sols où se mêlent à la fois argile imprégnée d’oxyde de fer, schistes, et roches éruptives désagrégées, que nous nous efforçons de travailler des vignes d’une moyenne d’âge de soixante ans.

Nous accordons une importance et une rigueur sans failles à une vinification traditionnelle, sans l’ombre d’une douelle, minutieuse, qui se veut dictée par le désir de produire de grands vins, propices à la garde. Il s’agit alors de ces Morgons qui « morgonnent », qui se laissent aller à pinoter et surprennent ainsi bien des palais d’amateurs et de connaisseurs.

Les cuvées disponibles

  • Morgon « La Voute Saint Vincent »
  • Morgon « Côte de Py »
  • Morgon « Javernières »
  • Morgon « Javernières – Les Impénitents »

Questions "tire-bouchon" à Claude-Emmanuelle et Louis-Benoît Desvignes

Comment êtes-vous arrivé au métier de vigneron?
Claude-Emmanuelle : Je ne pouvais rien faire d’autre ! J’ai toujours trouvé cela assez fascinant ! Petite, je suivais mon père partout, et c’est tout naturellement que j’ai voulu en faire mon métier. Vers l’âge de 14 ans, j’ai dit à mon père que je voulais faire des études en Lycée viticole, et il m’a toujours encouragé (sachant qu’il n’y avait pas beaucoup de filles à cette époque) et puis, je voulais « prouver » que j’en était capable, ma famille pensais que c’était à mon frère de reprendre le Domaine, parce que c’était la tradition, “les filles se marient , avec un vigneron”, mais ne peuvent pas trop faire ce métier…Je n’était pas du tout d’accord !!!!
Louis-Benoît : Mon nom, mon prénom, l’histoire de ma famille, ma région, mon éducation, les odeurs, les saveurs qui m’ont accompagné tout au long de mon éducation. Finalement tout me prédestinait à le devenir! si ce n’est que finalement, j’ai tout fait pour échapper à mon destin. J’ai fait des études de design, de la musique, j’ai voyagé. Je suis revenu car j’ai vu ailleurs, je suis revenu car j’ai eu envie de le faire, et non parce que je le devais! Parfois on a besoin de voir loin pour mieux apprécier les trésors que l’on a sous les yeux!

Un souvenir de votre 1er millésime?
C-E : Millésime très difficile. L’été avait très mauvais, avec beaucoup de pluie surtout fin Août !!! Les raisins ont pourris sur pieds, et nous avons vu l’arrivée d’une nouvelle déviance des vins au niveau gustatif : La géosmine. Personne, ici dans le Beaujolais, ne connaissait, même pas les OEnologues ! Je venais de rentrer des Etats-Unis ou j’avais travaillé quelques mois avant de m’installer, et j’avais également fini mes étude peu de temps avant, et je ne connaissais pas cette géosmine ! Cela à été un des pires millésimes pour moi et pour bon nombres de vignerons du Beaujolais !
L-B : Le millésime 2004, l’un des plus difficiles des années 2000 en Beaujolais. Du tri, beaucoup de tri. De la pluie, une cuve de Javernières qui refusait de finir les sucres, finalement elle en a gardé un peu! Le résultat; les gens se sont rués sur les 2005 , la presse oblige! Lorsqu’ils venaient à la cave, ils repartaient avec des Javernières 2004 mis en bouteille tard. Un vrai vin de soif avec soupçon imperceptible de sucre, une bombe!! Ce fût le début de l’apprentissage !! Notre maxime ici: » pas de règles, on n’a pas le contrôle, et on l’aura jamais. Tous les ans on repart de zéro! »

Quel est le caractère de vos vins?
C-E : Sans détours ! Avec de la personnalité. J’avais presque envie de dire : sans compromis ! La région du Beaujolais peut faire une multitude de vins, et malheureusement, le plus grand nombre (ceux vendus au Négoce) sont fait de manière industrielle ; Macération pré fermentaires à chaud, vinifications courtes pour faire des vins légers, etc… Au domaine, nous aimons faire des vins un peu austères au début, mais avec une grande complexité, de la structure, et de la gourmandise ! On aime style de vin, mon frère et moi, et on ne déroge pas à la règle, ni aux modes ! Le bois, par exemple chez nous, est banni, alors qu’en ce moment, beaucoup de vins de la région sont passés en fûts.
L-B : Je dirai qu’ils sont parfois austères, parfois gourmands, droits, directs, sans maquillages, et hors normes si l’on envisage le gamay et le Beaujolais que comme un vin de soif. Sommes toutes, simples et singuliers en même temps je pense… Dur je dois en choisir un, alors Brut !

Le vin dont vous êtes le plus fier et pourquoi?
C-E : MORGON Javerniéres Les Impénitents 2011. Ce vin, reflète, exactement, ce j’aime !!! Digeste, gourmand, voluptueux… C’est des vins que l’on peut boire tout de suite, et en même temps, on peut attendre avant d’ouvrir une bouteille ! 2011 était une année parfaite, bel été, beau vin … C’était le rêve !!!!! En plus c’est l’année de naissance de ma fille !!!
L-B : Les Impénitents 2011 je crois. Un petit douze en titre alcoolémique, de la douceur, du fruit, de la réglisse, mine de crayon, long, droit et équilibré. C’est tout en velours, de la puissance mais pas d’extravagance, riche sans en faire des tonnes. Un petit gabarit qui frappe fort et juste, si bien qu’il est surprenant! Surtout, cette cuvée argumente ma théorie qui veut que le gamay n’ait pas besoin d’avoir treize degrés sur sa carlingue pour prétendre à la grande garde. C’est une longue histoire avec notre père!

Un vigneron qui vous a influencé ou que vous aimez particulièrement?
C-E : Au-delà de l’image paternelle et de l’affection que je lui porte, mon père m’a appris “le goût” au sens large du terme, il m’a transmis sa passion, son savoir-faire, et il m’a influencé dans mes choix de vie ! Sans lui, je ne ferai peut-être pas ce que je fais maintenant !
L-B : Je n’irai pas très loin, pourtant on boit beaucoup de vin d’ici et d’ailleurs! Mais Éric Janin, car la qualité et la justesse de ses vins n’ont d’égale que son humilité, sa simplicité et sa passion pour le vin!

L’outil indispensable du vigneron?
C-E : Son odorat ! Les odeurs, en général… dehors, dans la nature, pendant les vendanges… Il y en a d’autres bien sûr, mais l’odorat est essentiel dans l’approche de mon travail !
L-B : La terre! Même si finalement j’envisage plus le vigneron comme un outil, un interprète du terroir plutôt que l’inverse.

Que recherchez-vous dans un vin?
C-E : Le plaisir, et l’envie de finir la bouteille !
L-B : Du partage, de la buvabilité, qu’il sache se mettre en avant et mettre en avant ses alliés de toujours, les mets. Ce que l’on dit chez nous, une bonne bouteille est une bouteille vide! Et tout seul ce n’est pas intéressant!!

Un film et un vin?
C-E : « Les enchaînes » d’Alfred Hitchcock, film dans lequel le vin et le champagne prennent une place capitale dans le suspense et l’intrigue du film.
L-B : « Marathon man », où quand Roy Richard Scheider coupe Dustin Hoffman avec un Moulin à vent 71, et met un coup de sabre sur la prétendue bouteille de Bourgogne!!

Un livre et un vin?
C-E : « J’irai Cracher sur vos tombes » de Boris Vian, parce que c’est le plus beau livre que j’ai lu, et un Granato 2006 de Elisabetta Foradori, parce que c’est un vin qui m’a procuré beaucoup de plaisir, par son classicisme et son équilibre parfait. Un de mes plus beau souvenir de dégustation.
L-B : « L’art de Voler », d’Antonio Altarriba et Kim, une histoire peu commune qui sonne juste et qui me parle, un fils en quête de réponse sur la vie de son père, à la fois dure, beau et profond. Alors je pense à une bouteille d’Elisabetta Foradori, la cuvée Granato sur le millésime 2006 bu il y trois ans de cela. Un pur bonheur, profond, sincère, droit, puissant et délicat. Un cépage rare, unique, singulier, juste beau!

Quel vin avez-vous récemment mis en cave?
C-E : Saint Peray 2013 de Stéphane Robert – Domaine du Tunnel.
L-B : Un Croze Hermitage d’Alain Graillot 2011!!

Une passion compatible avec le métier?
C-E : La musique : elle fait partie de mon quotidien ! J’en écoute très souvent, que ce soit à la vigne, en vinification, en étiquetage, c’est un élément indispensable à mon bien être !
L-B : Pour moi la musique, j’aime les sons pures sans maquillage, qui traversent le temps sans une ride, qui deviennent des tubes sans âges, et que l’on partage à plusieurs. J’aime la musique qui témoigne d’une époque, d’une culture, d’une langue et d’un interprète…..

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